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27 novembre 2020

la CFDT dit NON à HERCULE, ré-organisation du Groupe EDF

Pour mémoire, suite à une forte mobilisation des salariés du Groupe EDF en 2019 et à une incapacité à répondre clairement aux questions posées par les parties prenantes, le gouvernement a prudemment temporisé et décrété un moratoire voici une année déjà.

La Commission Européenne conditionne son feu vert à une nouvelle régulation qui permettrait au nucléaire de gagner enfin raisonnablement sa vie, à ce que l’Etat Français dévoile une réorganisation tronçonnant le Groupe EDF en plusieurs entités suffisamment étanches à son goût.

Qu’est-ce que l’ARENH ?

C’est un dispositif qui oblige EDF à revendre à ses concurrents un quart de sa production nucléaire annuelle produite en France, à un prix régulé par l’Etat.

L’objectif est d’accroître la concurrence sur le marché hexagonal en permettant aux concurrents d’EDF de bénéficier de l’avantage compétitif du parc nucléaire français et en les incitant à investir dans leurs propres moyens de production.

Ce mécanisme fait partie de l’épais millefeuille réglementaire constitué depuis vingt ans en vue de développer la concurrence sur le marché de l’électricité.

En réalité, les consommateurs ne perçoivent nullement les bienfaits de la libéralisation du secteur de l’énergie et sont plutôt de plus en plus excédés par les démarchages insistants voire agressifs des multiples opérateurs. Ils constatent que la concurrence, prétendument instituée à leur demande, ne leur profite pas.

Le projet de réforme du Groupe EDF :
Le gouvernement prétexte vouloir protéger le Groupe EDF en remettant au goût du jour son projet « Hercule » en monnaie d’échange à la Commission Européenne d’une réforme de l’ARENH et d’une non-mise en concurrence des concessions hydrauliques.

La direction du Groupe EDF s’évertue à expliquer qu’Hercule est l’unique solution, la meilleure pour que l’intégration du Groupe soit préservée.
L’intersyndicale CFDT-CGT-CGC-FO rappellent leur opposition à cette étape vers une désintégration irréversible d’EDF !

Le principal objectif du projet HERCULE est de permettre à EDF, trop lourdement endettée, de trouver du financement en scindant le Groupe en 3 entités :

- une structure « bleue », à grande majorité détenue par l’Etat, et dont le périmètre comprendrait le nucléaire, RTE ...
- une filiale « verte », au capital largement cédé, qui comprendrait les autres composants du Groupe EDF : Enedis, EDF Renouvelables, SEI, EDF Commerce, Dalkia … ce qui signifierait ouvrir indirectement mais très largement le capital de la filiale régulée Enedis ;
- et enfin une structure « azur » qui comprendrait les centrales hydrauliques

Pour la CFDT, les risques embarqués par une telle réorganisation sont :

-  Nationaliser la production d’électricité avec une main mise directe de l’Etat exposerait EDF à un risque politique renforcé vis-à-vis d’un gouvernement qui serait, par exemple, hostile au nucléaire.

-  Faire intervenir des investisseurs privés au capital d’Enedis, c’est prendre le risque que des Collectivités Locales choisissent à terme un autre distributeur, et au final ce serait condamner la péréquation tarifaire de distribution de l’électricité « qui permet à chaque citoyen de payer le même prix de mise à disposition du kWh par tout sur le territoire national ».

-  Des conséquences sociales importantes pour les salariés, par le jeu de la sous-traitance et des filialisations en cascade, du remplacement des collègues IEG des fonctions transverses par des salariés hors IEG (comme à ENGIE).

Toutes ces raisons renforcent la CFDT à s’opposer au projet de réorganisation HERCULE.

La solution pour pérenniser l’accès de tous les citoyens à une électricité décarbonée, énergie de l’avenir, ne réside pas dans une « vente » à la découpe des entreprises du Groupe, ni dans la mise en œuvre d’un « mécano » financier qui n’enrichira que les banques d’affaires.

A contrario, pour la CFDT, il est prioritaire de réformer le mécanisme de l’ARENH, afin de permettre à l’entreprise EDF d’assurer son avenir en dégageant les marges financières nécessaires à la production d’une électricité propre, largement décarbonée dans l’esprit de la loi sur la transition énergétique et accessible à tous.

Retrouvez également l’intervention sur Twitter d’une membre du réseau CFDT’Elles des IEG

https://twitter.com/cfdtelles/statu...

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