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Le Syndicat salariés CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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août 2005

L’ouverture du capital de Gaz de France : un choix dogmatique pour renflouer les caisses de l’état

Dès le discours de politique générale du nouveau Premier ministre, le processus d’ouverture du capital de Gaz de France a été confirmé pour le 23 juin. Le 20 juin, les gaziers et les électriciens ont tenté en vain d’arrêter le rouleau compresseur des privatisations en se mettant en grève.

En annonçant la poursuite du processus de désengagement de l’état dans les entreprises publiques, Dominique de Villepin est dans la continuité idéologique de ces prédécesseurs. Mettre l’emploi au cœur de l’ouverture du capital est un leurre dans lequel la FCE-CFDT ne tombe pas. Les projets industriels connus aujourd’hui génèreront une destruction d’emplois encore plus massive que celle subie par les salariés d’EDF et de GDF, déjà 10 000 emplois en moins depuis 2003.

La CFDT et les autres organisations syndicales ont été reçues le 20 juin pour faire part de leur inquiétude et leur réserve sur l’ouverture du capital de Gaz de France. La FCE-CFDT, après avoir réaffirmé et justifié son opposition à l’ouverture du capital de Gaz de France, a rappelé que les besoins en capitaux de Gaz de France n’étaient nullement évidents au regard d’un projet industriel qui reste elliptique sur les possibilités de croissance externe. La CFDT s’est également interrogée sur les motivations d’une ouverture de capital en totale incohérence avec les arguments développés depuis deux ans par les présidents de Gaz de France. En effet, il n’y aura que peu d’argent pour le développement de l’entreprise. La réponse du Ministère a été floue. Nous avons perçu un certain flottement dans l’argumentation qui nous conforte dans nos déclarations : cette ouverture vise à renflouer les caisses de l’Etat. Quant à l’argument : « l’argent récolté ira à l’agence de l’innovation », la CFDT a rappelé que la recherche devait commencer dans l’entreprise alors qu’aujourd’hui, les entreprises s’en désengagent. L’Etat gaspille des cartouches qui pourraient se révéler utiles dans quelques années si Gaz de France n’avait plus les fonds propres nécessaires à son développement. Nous dénonçons cette vision à court terme fragilisant l’entreprise.

Côté projet industriel, il n’y a aujourd’hui aucune certitude sur les acquisitions possibles ou les alliances probables. La seule certitude vient du passé où l’ex-président de Gaz de France envisageait une alliance avec Suez via sa filiale belge Tractebel. Nous avons échappé de peu à une catastrophe pour l’emploi.

L’ouverture du capital d’EDF est prévue pour le dernier trimestre 2005.
Nous déplorons que les arguments des salariés ne soient pas entendus. Le dialogue à Gaz de France et Électricité de France est devenu inexistant.