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Le Syndicat salariés CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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juillet 2004

L’Europe des 25 : quelle ambition sociale ?

Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Slovénie Malte, Chypre, Bienvenue dans l’Union Européenne, riche de ses multiples cultures sur un territoire de paix.
Au delà de l’élargissement, la question est davantage à ce que nous voulons faire de l’Europe : « un espace de liberté, de sécurité et de justice pour l’ensemble de ses citoyens » ou « un marché unique où la concurrence est libre et non faussée ».

Le projet de constitution européenne (JO de l’UE - 18/07/2003) propose de mettre ces 2 concepts à égalité. Mais peuvent-ils réellement cohabiter en harmonie ?
Les 10 nouveaux entrants vont peut-être en faire davantage les frais que nous. D’autant que l’EU des 15 a bien verrouillé les affaires avant cet élargissement qui ne leur coûtera pas bien cher.
Ce n’est pas l’élargissement qui est responsable des délocalisations actuelles.
Le coup de la main d’œuvre, 5 fois inférieur au notre (même si une plus faible productivité tempère cet écart) et la conquête de nouveaux marchés locaux, attirent les investisseurs étrangers.
La situation de l’emploi est mauvaise dans ces pays. Malgré une croissance de 3,6%, ils continuent de perdrent des emplois, exceptée la Hongrie.
La tendance à la spécialisation de certaines régions (téléphonie mobile en Estonie, textile dans les Balkans, automobile en république tchèque) peut ne présenter qu’une embellie passagère pour elles.
Cette dynamique qui repose moins sur des investissements directs que sur la sous-traitance, est moins propice au rattrapage des niveaux de productivité et des salaires
Quelles que soient leurs motivations, les investisseurs s’implantant à l’Est vont chercher là aussi à faire continuellement des gains de productivité en supprimant des emplois.
L’emploi agricole est très menacé. Nos agriculteurs, bien moins nombreux, vivent de subventions (Politique Agricole Commune). Mais l’UE n’a pas prévu autant d’aides aux agriculteurs des 10.
L’industrie lourde, marquée par le système communiste risque aussi de trinquer. Il ne suffit pas de laisser s’écrouler un système étatique planifié pour que, sur ces ruines, prospère un système capitaliste.
Il faudra un nouveau modèle social dans ces pays. La faiblesse des partenaires sociaux ne permet pas encore au dialogue social de jouer son rôle de régulateur.
L’Europe avec son arsenal de règles sociales (temps et conditions de travail, sécurité, hygiène...) peut y contribuer. Encore faut il s’en donner les moyens et vite sous peine de niveler l’Europe sociale par le bas.
Alors, pour que l’entrée des 10 soit une opportunité pour les 25, il est temps de construire une Europe vraiment sociale dotée d’une véritable politique. Une constitution est nécessaire mais pas n’importe laquelle. Ce choix ne doit-il pas revenir aux citoyens eux-mêmes ?