SCERAO-CFDT
Le Syndicat salariés CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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août 2005

Vite fait, mal fait...

100 jours pour gagner ... de qui se moque t-on ? Sur la forme et sur le fond, ce gouvernement a tout faux. On a vu cet été où mènent la dérégulation, la libéralisation à outrance, la recherche de profit immédiat, en matière de transport aérien. Ce n’est pas en détricotant le droit du travail qu’on réduira le chômage !

C’est le monde à l’envers. Le droit social français, rudement acquis par les combats menés par ceux qui nous ont précédés, apparaît maintenant comme un carcan, un empêcheur de tourner en rond, seul responsable du chômage et frein au développement économique. Des salariés en bonne santé et bien dans leurs baskets ne sont-ils pas plus « efficaces » ? Est-ce scandaleux de fixer la durée du travail, d’imposer des durées de repos minimum, de prévoir des représentants du personnel, de fixer des règles sur le contrat de travail et le licenciement, ...

Nous savons bien que le rapport de force n’est pas en faveur du salarié, surtout lorsque le chômage est fort. Il est nécessaire de fixer des règles minimales le protégeant. Même ces règles-là sont difficiles à faire respecter. Combien de militants syndicaux se battent quotidiennement dans ce sens ? Hier, les syndicats se battaient pour gagner, aujourd’hui, il faut nous battre pour ne pas perdre. Il ne s’agit pas de conserver jalousement des soi-disant privilèges mais de sauver les meubles et de ne pas laisser à nos enfants un désert social.

La CFDT a déposé un recours au Conseil d’état contre 2 ordonnances parues en juillet. Celle concernant le « Contrat Nouvelle Embauche » (CNE) et celle concernant le « décompte des effectifs » - qui exclut les jeunes de moins de 26 ans du décompte des effectifs des entreprises. Les arguments développés font référence aux textes internationaux ratifiés par la France : interdiction de licencier sans raison et non discrimination en raison de l’âge.
Ces mesures sont scandaleuses. Le CNE précarise l’emploi. Pendant 2 ans, le salarié pourra être licencié sans justification. Comment ce nouvel embauché pourra-t-il envisager son avenir sereinement, s’installer, faire des projets... ? Quant à la mesure sur les décomptes d’effectifs, on connaît déjà l’acharnement des employeurs à ne pas atteindre les seuils les obligeant à mettre en place des représentants du personnel, permettant la désignation de délégués syndicaux. C’est un cadeau royal qui leur est fait ! Bonjour le dialogue social !
Mobilisons-nous pour réveiller les salariés, leur ouvrir les yeux, rien ne se fera sans eux. Avec les autres organisations syndicales, nous devons faire en sorte que la rentrée soit l’occasion de manifester largement notre désaccord avec ces mesures et notre exigence d’une politique favorable à l’emploi.