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Le Syndicat CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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mars 2003

Retraites : détermination et vigilance

Le samedi 1er février plus de 350 000 personnes ont manifesté à l’appel de 7 organisations syndicales pour rappeler au Gouvernement leurs exigences en matière de retraites. Le lundi 3 février, dans son discours devant le Conseil Economique et social, le premier ministre leur répondait en montrant qu’il avait partiellement entendu les manifestants.

Monsieur Raffarin a mis en place une base de négociation où beaucoup reste à préciser et dans laquelle au moins trois points durs peuvent d’ores et déjà être retenus : la confirmation de la réforme Balladur de 1993, l’impossibilité de départ avant 60 ans et l’absence de recherche de nouveaux financement.

Dire vouloir améliorer le niveau de vie des retraités et confirmer la pertinence de la réforme Balldur de 1993 est un non sens. En effet, par le calcul du niveau de retraite sur les 25 meilleures années et l’indexation des pensions sur les prix, cette réforme porte la responsabilité principale de la baisse du taux de remplacement et du niveau de vie des retraités. L’objectif central de la réforme des retraites doit bien être, au contraire, d’assurer un bon niveau de pension. Sans cela comme base fondamentale il ne servirait à rien de parler d’âge de départ ou de nombre d’annuité, donc la réforme Balladur doit être remise en cause.

Parce que nos voisins n’ont pas choisi d’âge de départ avant 60 ans nous ne devrions pas pourvoir le faire. Et pourquoi ne pas envisager l’inverse, permettre cela en France pour l’étendre ensuite à l’Europe ? Un salarié qui a cotisé 40 années doit pouvoir partir librement et avec une retraite à taux plein avant d’avoir atteint l’âge de 60 ans ! La CFDT doit rester fortement déterminée sur ce point, c’est une question d’équité.

Aucun mot dans le discours du 1er ministre qui permette d’envisager d’autres sources de financements des retraites, hors alimentation du fonds de réserve mis en place par le gouvernement Jospin, et confirmé par celui de Raffarin. Pourtant tout le monde sait qu’élargir la base de cotisations permettrait de donner un nouveau souffle à la réforme des retraites et une nouvelle donne en matière de répartition des richesses produites. A Nantes la CFDT a décidé de rechercher d’autres sources de financement, il faut donc en débattre pour proposer. Entre la Valeur Ajoutée des entreprises, l’utilisation d’une CSG largement étendue ou d’autres solutions une perspective existe et doit pouvoir être appliquée. Le gouvernement ne doit pas rejeté ce type de solution a priori, notre force de conviction doit être sans faille sur ce sujet.

Enfin sachons à la CFDT tirer les leçons de l’expérience récente des négociations sur la retraite dans les IEG. Avant de nous lancer dans la perspective d’un texte formalisé sur les retraites assurons nous que la CGT sera, cette fois-ci, capable d’aller au bout du processus. Bien sûr il est essentiel que la CGT réussisse son virage vers le réformisme et la politique contractuelle, mais il lui faudra du temps donc restons vigilant et sachons nous protéger pour ne pas, une fois de plus, apparaître comme ceux qui accompagnons la droite dans ces projets libéraux. Soyons extrêmement vigilants aussi sur les propositions du gouvernement et ne sautons pas trop vite sur ce qui nous paraîtrait bon sans en avoir bien analysé le fond, soignons notre communication pour qu’elle soit clairement lisible par les salariés que nous représentons.