SCERAO-CFDT
Le Syndicat CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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11 avril 2012

Proposition d’amendement du SCERAO

Bonjour à toutes et à tous,

Le SCERAO demande la suppression de cette phrase qu’il juge imprécise, voire ambiguë.

Ou alors, il faudrait détailler comment nous concevons ce rapprochement, dire ce que nous voulons...et surtout ce que nous ne voulons pas.

Tout d’abord sur la forme, ce terme de « rapprochement » peut rappeler fâcheusement à certains le vocabulaire qu’emploient les patrons quand ils annoncent une fusion d’entreprises.

Il sous-entend que l’Education Nationale seule doit faire des efforts, alors qu’une bonne part de la formation en alternance est dispensée par le privé.

Des responsables politiques, dans une logique libérale, préconisent un « rapprochement » des méthodes de gestion de l’Education Nationale avec celles des entreprises privées, en mettant en œuvre des critères de rentabilité et de concurrence. Cela se traduit, au collège, par l’augmentation du temps de présence des enseignants, ou vouloir transformer les chefs d’établissement en chefs d’entreprise...

L’enseignement supérieur et la recherche scientifique doivent de plus en plus rechercher des partenariats avec des entreprises privées, ce qui pourrait, à terme, inciter à ne conserver que les matières « utiles » et les sujets de recherches « rentables ».

Faut-il comprendre que ce « rapprochement » concerne aussi le financement de l’Education Nationale ? 

Parlons à présent de la formation professionnelle

Depuis des années, le patronat tient ce discours récurrent selon lequel l’éducation en France ne serait pas adaptée aux besoins des entreprises. Là serait la cause principale du fléau de notre société que constitue le chômage massif des jeunes.

Ce même patronat qui supprime massivement les emplois dans l’industrie et investit très faiblement, par rapport aux autres pays développés, dans la R&D.
C’est pourtant là que se trouvent les emplois qualifiés. De nombreux jeunes diplômés doivent s’expatrier pour trouver un emploi, ce qui démontre que leur formation est pourtant bien « adaptée au marché » !

L’Education nationale et les entreprises n’ont pas les mêmes rôles et les mêmes attentes en matière de formation.

L’enseignement doit donner à tous un socle commun de connaissances, permettant de s’adapter et d’évoluer dans sa vie professionnelle. L’éducation doit aussi former des citoyens. Cela passe par l’enseignement de matières comme l’histoire, la philosophie. A quand des cours d’instruction civique expliquant ce que sont les syndicats et les IRP ? 
En résumé, l’Education Nationale doit donner les outils de cette émancipation qui nous tient tant à cœur.

Comment les entreprises conçoivent la formation professionnelle ?

Essentiellement de façon utilitariste : elles souhaitent que les embauchés, non seulement aient un diplôme, mais soient immédiatement « employables ». Quand ils ne le seront plus, ce sera à eux de se réadapter.

Cette vision est relayée par des responsables politiques :

Le président-candidat propose d’imposer des formations aux chômeurs sous peine de sanction. Il promet 250.000 formations en alternance. En retirant des moyens à l’Education Nationale, à l’AFPA, au GRETA, cela ressemble à un cadeau pour l’enseignement privé.

Fin 2011, des députés de la majorité ont présenté un amendement à la loi sur la formation en alternance permettant l’apprentissage dès 14 ans. Le SGEN a vivement critiqué cette remise en cause du socle commun, dont le seul but est de sortir du système éducatif les élèves en difficulté.

Certaines entreprises voient aussi dans la formation professionnelle l’aubaine d’une main d’œuvre docile et quasi-gratuite.

Dans certaines entreprises du tertiaire, des titulaires de bacs+ 4 ou plus, enchaînent des stages, à peine rémunérés, et entrent en concurrence avec des salariés.

Nous sommes bien évidemment favorables à l’apprentissage, à la formation en alternance, qui a fait ses preuves en France et ailleurs, à l’accueil des stagiaires en entreprise.

Mais il faut pour cela donner des moyens à l’Education Nationale pour garantir une bonne formation générale et un suivi optimum des apprentis. Il faut que les entreprises s’engagent sur la qualité du tutorat. Il faut enfin un cadre contractuel plus strict, afin d’empêcher les dérives touchant à la rémunération et aux conditions de travail.

Je conclurai par une reformulation :

Plutôt que de parler de « rapprochement », il aurait mieux valu dire que l’Education Nationale et les entreprises doivent coopérer dans un but commun : l’emploi des jeunes.

De son côté, l’Education Nationale doit en permanence veiller à ce que les formations professionnelles, sanctionnées par des diplômes nationaux, restent en phase avec l’évolution des métiers.

De leur côté, les entreprises doivent assumer leur part de responsabilité sociétale vis-à-vis du chômage des jeunes. Elles doivent sortir de leur frilosité, investir dans l’emploi qualifié et s’engager plus en matière d’embauche de ceux qu’elles ont formés.

Aussi, je vous demande au nom du SCERAO, de voter pour la suppression de cette phrase qui au mieux n’apporte rien à l’article, et au pire est source d’incompréhensions. Pour parler de l’Education Nationale, mieux vaut laisser ce soin à nos camarades des syndicats d’enseignants.

Merci de votre attention. 

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Patrick TURELLO