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Le Syndicat CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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avril 2006

« Projet de fusion Gaz de France / SUEZ jeu de dupe »

Dans la précipitation, le gouvernement a annoncé le projet de fusion gaz de France / SUEZ. Ce projet va entraîner une ouverture du capital de Gaz de France plus forte que celle prévue par la loi de l’été 2004. Qu’à cela ne tienne, il suffit de changer cette loi !!

Comment donner du crédit à ces politiques qui prennent les français pour des demeurés ?
En juillet 2004, SARKOZY promettait « craché juré » que le changement de statut des entreprises Gaz de France et EDF ne serait pas une privatisation, leur capital n’étant ouvert qu’à 30%, seuil maximal fixé par une nouvelle loi spécifique.

Mais voilà, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, ou du moins c’est comme cela que nos gouvernants actuels l’entendent. Ils nous font croire que pour sauver SUEZ d’une OPA hostile de l’italien ENEL, il faut que Gaz de France rachète SUEZ. C’est émouvant, ce nationalisme économique ! ENEL étant bien entendu dépeint comme un grand méchant loup, qui s’attaque à la pauvre petite entreprise faible et bien gentille qu’est SUEZ.

ENEL riposte et rassemble les fonds pour faire une contre proposition. La commission Européenne devra se positionner sur la faisabilité de tel ou tel montage, au regard de la « libre concurrence ».

En fin de compte, nous assistons à un jeu de monopoly à grande échelle, qui va coûter des milliards aux entreprises qui achèteront leur concurrente. Il faudra bien qu’elles répercutent ces sommes tout en épargnant (jeu de mot !) leurs actionnaires : soit en réduisant leurs investissements, soit en augmentant leurs tarifs, sans oublier les salariés : baisse des effectifs, stagnation des salaires, non investissement social (conditions de travail, sécurité, formation...).

Nous sommes bien loin de la notion de service public. Comment imaginer qu’il survivra à ce carnage ?

Alors, on nous demande de choisir, de faire des propositions de projets industriels. Mais comment accepter de jouer, alors que les règles du jeu sont faussées ? Le ver est dans le fruit depuis l’ouverture des marchés de l’électricité et du gaz. On nous disait « Vous allez voir, la concurrence va stimuler le « marché », ça sera mieux et moins cher ». Moins cher pour qui ? Mieux pour qui ?

Nous avons besoin d’une véritable politique énergétique européenne, capable d’imposer une alternative à ces spéculations financières. Alternative en faveur de l’emploi et de la protection des travailleurs, c’est là notre principal projet.