SCERAO-CFDT
Le Syndicat salariés CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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février 2004

PARI GAGNE

Nos camarades des Industries Electrique et Gazière avaient fait le pari de rejoindre le siège EDF de la Part Dieu à la Préfecture du Rhône par une chaîne humaine. Personne n’y croyait et pourtant, ce pari a été gagné par plus de mille manifestants présents le 20 janvier dernier.

Le gouvernement RAFFARIN, issu d’une élection législative de juin 2001 où le libéralisme l’avait largement emporté, a décidé que pour être bien dans l’idéologie ambiante il fallait modifier le statut d’Electricité de France et de Gaz de France pour en faire des Société Anonymes. L’objectif ultime est bien sûr d’ouvrir le capital de ces deux fleurons de l’industrie française. En cela le gouvernement est suivi, voire même parfois précédé, par le Président que la gauche a mis en place en 1998, Monsieur Roussely.
Comme ni les uns ni les autres ne savent trop pourquoi ils veulent ouvrir le capital des deux entreprises ils ont trouvé un bouc émissaire facile : l’Europe. L’Europe obligerait cela pour permettre la libre concurrence (mélange des genres), parce qu’un état ne peut aider une entreprise (l’état français n’a pas mis 1 euros dans EDF et Gaz de France depuis... 1982), pour leur donner toutes leurs chances dans le contexte mondial (et pourtant elles n’ont pas arrêté de gagner des marchés en étant nationalisées). Enfin beaucoup de prétextes mais pas de raison valable.
Par leur action symbolique du 20 janvier dernier les électriciens et gaziers du bassin lyonnais ont voulu montrer à la population que le statu quo est possible, que la société a tout à gagner si des hommes et des femmes de bonne volonté se donnent la main pour relier un point à un autre. En plus ces agents ont pu ainsi dire aux citoyens qui les applaudissaient parfois que si le projet du gouvernement aboutit, non seulement ils ne choisiront pas leur distributeur d’électricité ou de gaz mais qu’en plus ils paieront ces deux produits plus chers.

C’était une première dans une bataille qui s’annonce longue et difficile. Un peu plus de 40% du personnel a cessé le travail ce 20 janvier 2004 pour dire son opposition au projet gouvernemental et des directions. Gageons que demain lorsque messieurs RAFFARIN, ROUSSELY et GADONNEIX voudront avancer un peu plus les électriciens et gaziers seront de plus en plus nombreux à leur dire non et qu’ils auront su convaincre la population d’en faire autant.