SCERAO-CFDT
Le Syndicat CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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24 janvier 2008

Orienter la recherche vers les économies d’énergie ?

Chers congressistes,
Les Océans recouvrent notre planète au ¾. Si je vous donne une petite cuillère pour les vider, et l’éternité pour accomplir ce travail, il n’y pas l’ombre d’un doute, pour qu’un jour vous viviez l’instant de la dernière goutte d’eau sur notre terre : nos ressources sont limitées.

Notre planète contient dans ses entrailles des ressources énergétiques en quantité gigantesque !
Pourtant ! Qui peut affirmer dans cette salle, aujourd’hui, que ces ressources sont infinies ?
Quel que soit le temps que cela prendra ?
Les experts s’affrontent à ce sujet mais ça se joue désormais en dizaines d’années,
Un jour viendra où ces ressources seront définitivement épuisées.

Qu’on le veuille ou non, l’humanité est engagée dans une course de vitesse !
La question est : aura-t-elle le temps de trouver des solutions pour répondre aux besoins de la croissance mondiale, avant que les ressources naturelles ne s’épuisent ?
Voilà l’enjeu de notre amendement : le texte fédéral souhaite « susciter et développer la recherche dans le cadre d’une politique énergétique Européenne » sans plus de détail, sans donner de priorités.

  • Va-t-on investir uniquement sur les énergies renouvelables ?
  • Va-t-on consacrer l’agriculture massivement à la production d’énergie ?
  • Va-t-on soutenir la technologie nucléaire ?
  • Va-t-on marginaliser une nouvelle fois les économies d’énergies ?

Des choix difficiles sont à faire, les ressources financières, elles aussi, sont limitées. Le SCERAO souhaite orienter les efforts de la recherche scientifique et technologique D’ABORD vers les économies d’énergie.

Bien sûr, la notion d’économie d’énergie est présente dans le paragraphe suivant, mais uniquement en termes de comportements individuels et collectifs plus économes : sensibilisation, incitation fiscale, etc … mais pas en terme de recherche. C’est très insuffisant !

Il faut investir massivement dans la matière grise de l’Europe,

  • pour parvenir à tirer le maximum d’énergie d’un seul litre de pétrole, d’un seul coup de vent, d’un seul rayon solaire ou d’un seul litre d’eau turbiné,
  • pour transporter cette énergie quand c’est indispensable de la manière la plus économe possible,
  • et enfin, pour donner aux citoyens les moyens d’une consommation sans gaspillage.

Une lampe de 23 W à basse consommation, résultat de la recherche technologique, éclaire bien mieux qu’une ampoule de 60 W au tungstène ! Et pourtant, la première est moins énergétivore.
Certes ! Vous le savez !
Mais avant que les chercheurs ne trouvent la technologie des ampoules à basse consommation, nous ne le savions pas. Personne ne le savait dans cette salle !
Imaginez les économies d’énergies possibles, lorsque la technologie des ampoules à LED sera à pleine maturité.

Savez-vous que nous gaspillons une bonne partie de cette énergie si précieuse, dans les câbles utilisés pour la transporter du lieu de production vers les lieux de consommation ?
Savez-vous qu’il existe des pistes sur de nouvelles façons de transporter l’électricité pour ne pas en dissiper par effet joule une bonne partie sur les petites pattes de nos oiseaux ?
Ce constat de gaspillage est vrai pour l’énergie électrique, mais c’est aussi vrai pour les produits pétroliers gaspillés en heures de camions, de bateaux ou dans les fuites des pipe-lines.
Toute consommation d’énergie comporte des pertes en ligne et des gaspillages.

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  Sur ces sujets, si nous ne cherchons pas, nous ne trouverons pas.

Des solutions, dont nous n’avons même pas idée, que nous ne pouvons même pas imaginer, sont à portée de l’humanité pour mieux consommer l’énergie, encore faut-il se donner les moyens de les chercher !

Le temps presse, la demande mondiale explose ! Nous devons mener de front économies d’énergie et développement des énergies renouvelables, sachant que tout ce qui sera fait en matière d’économie d’énergie, ne sera plus à produire, même par des énergies renouvelables.

Le temps est compté avant que le jour n’arrive où l’énergie soit trop chère pour nous, pays occidentaux et encore d’avantage pour les pays dits émergents. Et nos recherches bénéficieront aussi à ces pays là.
Utilisons ce temps pour placer l’Europe à la pointe des défis de l’humanité.

  • Chaque fois qu’une maison est isolée avec des matériaux de plus en plus performant,
  • chaque fois que nous dessinerons des villes mieux architecturées avec des transports publics de pointe,
  • chaque fois que nous installerons des lignes de chemin de fer ou de tramways de dernière génération …
    c’est et ce sera la combinaison des résultats de la recherche et des politiques publiques au service des économies d’énergies.
    Tous les savoirs, les biens, les emplois, qui en découleront, existeront en Europe … Et, ces emplois-là ne seront pas délocalisables.

 Certes, vous pourriez dire « mais la formulation initiale du texte inclut déjà tout cela ». Pour nous, si cela va sans dire, ça va mieux en le disant !

Pourquoi refuser un amendement qui annonce clairement dans son écriture notre choix politique d’investir massivement en recherche et développement sur les économies d’énergies ?
Cet amendement donne sens à l’article suivant, qui insiste sur le comportement et les incitations. C’est vrai, on peut toujours encourager les citoyens à être économes. Si les solutions techniques sont limitées, ce n’est pas gagné.
En revanche, si les efforts de recherche apportent des solutions, cela sera plus faisable, plus efficace, plus rapide.

  • Pourquoi s’interdire de consommer plus efficacement et par le même coup s’interdire de créer de nouveaux emplois durables sur le sol Européens ?
  • Pourquoi refuser cette opportunité ?

Nous devons la mobilisation de notre syndicat sur cet amendement aux jeunes de notre conseil. La nouvelle génération a le souci de l’avenir et même si elle sait ce choix politique difficile, elle le sait aussi incontournable. Si nous attendons, cela sera à coup sûr encore plus difficile demain.

  Ecoutons nos jeunes ! inventons un nouveau modèle ! mobilisons notre recherche Européenne sur les économies d’énergie !

Le SCERAO souhaite que vous votiez pour cet amendement,

Avant de quitter de cette tribune, je vous rappelle la célèbre phrase d’un chef indien, reprise sur l’une de nos affiches toujours collée sur les murs de notre fédération :

  « Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants »

Merci pour votre attention

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Hervé CHAUSSENDE Hervé CHAUSSENDE