SCERAO-CFDT
Le Syndicat salariés CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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10 avril 2012

Opposition à un amendement du Syndicat Bourgogne

Bonjour à toutes et à tous,

Le syndicat BOUGOGNE nous invite à reconsidérer le bien fondé de l’article 181 en l’abrogeant purement et simplement de la résolution.

Prenons cependant un peu de temps pour le relire (ce sera peut être la dernière fois).

« La fédération réaffirme son choix de s’opposer à tout accord minoritaire non signé par elle dans les branches et les entreprises.

Pour les accords de branche, cette posture de principe peut avoir des exceptions et fera dans ce cas l’objet d’une décision au Comité Directeur Fédéral.

En ce qui concerne les accords d’entreprise, les exceptions feront l’objet d’une décision des syndicats ou de la Fédération en fonction de la structure de l’entreprise. »

Chacun d’entre nous sait parfaitement qu’il est essentiel de s’opposer à un accord qui n’est pas signé par la CFDT, là où elle n’est pas majoritaire.

Alors pourquoi supprimer l’article 181 ?

POUR :

- Ne pas admettre d’exceptions ? ou faire une règle de l’exception ?
- Ne pas se soumettre à l’avis du syndicat ou de la Fédération ?
- S’octroyer la place, au cas par cas « à la bonne franquette » entre bons amis
- Le tout en catimini et surtout sans ébruiter l’affaire !

POUR :

- Se donner de l’espace dans les branches professionnelles, pour négocier avec un patronat sans en référer à la Fédération et à son organe dirigeant, le Comité Directeur Fédérale ?
- Faire l’économie, substantielle, du coût des lettres recommandées ‘avec accusé réception’ envoyées aux acteurs de la négociation ?
- S’interdire du travail supplémentaire ?
- Devoir se montrer réactif car les délais pour s’opposer sont très courts ?

POUR :

- amadouer les autres organisations signataires en vue d’éventuelles alliances dans des négociations futures ?
- Entretenir des habitudes d’un militantisme d’avant, d’un autre temps, du temps d’avant la loi d’août 2008, ou un délégué syndical pouvait être désigné sans autre forme de procès ?
- Je vous le demande si aujourd’hui nous supprimons cet article, acquiescerons demain, nous lorsqu’ à nos interrogations on s’entendra répondre :

« Je suis délégué, je connais l’entreprise, c’est moi qui décide... »

« Bien évidement que cet accord, si je l’avais lu, je ne l’aurai jamais signé ! »

« De toute façon les accords, ils ne sont pas appliqués, alors... »

« Dénoncer ? pourquoi faire ? De toute façon les adhérents ne font pas la différence entre dénoncer et ne pas signer »

Enfin cerise sur le gâteau :

« Mieux vaut un mauvais accord que pas d’accord du tout »

Et autres arlequinades, j’en passe et des meilleures

Pourtant,

Il doit bien y avoir de bonnes raisons ? Il y a quelques instants nos amis bourguignons ont tenté de nous les donner et ont adroitement exposé leurs arguments. Ils semblent convaincus comme pourraient l’être certains autres que cet article ne sert à rien et qu’au contraire il tend à limiter le périmètre de la négociation.

Que dit l’article 181 ?

Dans les branches cet article nous donne la possibilité d’obtenir une dérogation par un accord du Comité Directeur Fédérale.

Supprimer l’article consisterait à dire que les membres du CDF ne seraient pas compétents pour prendre en compte l’avis et l’intérêt des uns ou des autres, qu’ils ne seraient pas à l’écoute des adhérents, des DSC , des branches ?

Il permet également aux syndicats, ou à notre Fédération, de définir des exceptions.

Nous syndicats ne conseillons nous pas le meilleurs choix quand nous donnons pour recommandation à une SSE de dénoncer un mauvais accord ?

L’accord est la base de notre syndicalisme dans notre CFDT, et il doit demeurer une contractualisation de réalités spécifiques aux branches comme aux entreprises.

Et pourtant, l’édification d’un accord, quoi de plus simple ?

Un cahier revendicatif, avec des éléments d’exclusion et de blocage en rapport à nos valeurs.

Des revendications construites avec les adhérents, le syndicat ou la fédération suivant le cas, la situation ou la stratégie adoptée...

La négociation, en prenant en compte les partenaires, les salariés, mais surtout les adhérents, le syndicat ou la fédération...

Enfin, un suivi régulier et une valorisation de l’accord et de ses résultats...

Quand nous ne sommes pas majoritaires, ces règles devraient elles être différentes ?

A partir de notre cahier revendicatif, nous n’avons pas signé ? ... et nous laisserions faire ?

Par absence de réaction, nous laisserions alors supposer que les revendications des autres sont les nôtres ?

Et bien NON ! Car nous soutenons que :

- Ne pas dénoncer un accord c’est l’accepter et le faire nôtre.
- c’est accepter de légitimer les revendications d’autres organisations.
- c’est faire fi de ce qui fait notre syndicalisme, nos valeurs et nos choix.
- Ne pas dénoncer un accord c’est amoindrir la valeur de la signature de la CFDT.
- c’est ne pas s’affirmer dans une prise de position.
- c’est dévaloriser la position de dénonciation.
- Ne pas dénoncer un accord c’est perdre en crédibilité et en attractivité
- c’est perdre l’occasion de rallier à nos revendications d’autres organisations non signataires.
- c’est aussi se priver de la possibilité d’une éventuelle renégociation.

Alors

Si nous avons fait le choix de ne pas signer, c’est que nous avons des raisons, et nous devons les faire connaitre aux adhérents et aux salariés.

Des choix, des actes !

Si nous n’avons pas signé, si nous ne sommes pas majoritaire, alors nous dénonçons et ce sans état d’âme !

Des choix, des actes !

Que penseraient les salariés d’une CFDT qui n’est pas en accord avec ce qui s’est négocié et qui se tait ?

Comment être légitime lorsque le résultat n’est pas à la hauteur de nos revendications et que nous ne nous opposons pas ?

Comment inciter les salariés à adhérer et les adhérents à militer si nous ne symbolisons pas, par cette prise de position la concrétisation de nos valeurs ?

S’opposer à un accord minoritaire non signé par la CFDT est un acte politique aussi fort que la signature apposée.

Cela aura également, et de manière incontestable, une incidence certaine sur notre développement.

Car si nos adhérents mais aussi les salariés attendent de la CFDT qu’elle leur apporte un plus, ils attendent aussi d’elle qu’elle se positionne dans la contestation quand le compte n’y ait pas.

Et que dire encore, de l’incidence de ce choix sur notre grand projet de société, que seront amenés à penser les salariés, d’une CFDT qui ne communique que sur ce qu’elle signe.

Une CFDT qui n’exerce pas son droit de s’opposer et de dénoncer.

Une CFDT qui tolère qu’on lui impose des accords sans ambitions ou avec des clauses resctrivives

Enfin, nous qui luttons quotidiennement contre les idées reçues

Comment éviter que les salariés ne fassent l’amalgame et considèrent que « les syndicats c’est tous, du pareil au même »

NOUS, militants, syndicats et fédération devons refuser, de faire ce choix politique que certains, partisans du compromis, désirent par complaisance ou soucis d’économie nous imposer en supprimant l’article 181.

NOUS, militants, syndicats et fédération, devons acter maintenant, en ne supprimant pas l’article 181

que s’opposer à un accord minoritaire non signé par la CFDT a toujours été un droit mais doit surtout demeurer aujourd’hui un devoir.

Merci à toutes et à tous.

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Eric TRIPLET