SCERAO-CFDT
Le Syndicat CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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septembre 2004

Les 35 heures, bouc Emissaire

Les 35 h responsables de tous les maux, à qui veut-on faire croire cela ?
Pourtant 400 000 emplois créés ce n’est pas rien, aucune mesure n’a permis un tel bon quantitatif et certainement pas les allègements de cotisations sociales octroyées sans aucune contrepartie.
Même les employeurs (ceux de bonne foi) reconnaissent que les 35 h ont amélioré leur compétitivité tout en permettant des embauches. Les aides AUBRY seront réduites de moitié en 2004 et nulles en 2005, elles seront remplacées par les aides FILLON, sans aucun lien avec la RTT ni l’emploi.

Les réorganisations engendrées par la RTT ont consolidé la productivité des entreprises, la France est la 2ème mondiale derrière la Belgique.
« Il faut remettre les français au travail » claironnent le MEDEF et le gouvernement, le même discours déjà entendu lorsque le Front Populaire instaura les 40 heures en 1936. Tout à fait d’accord avec eux si on parle de ces millions de français qui n’ont pas de travail. Outre les dégâts sociaux de ce fléau, le chômage pèse sur les caisses sociales, bien plus que tous les soi-disant fraudes et gaspillages.
Mais c’est un fabuleux étouffoir social. Les employeurs peuvent ainsi fixer eux-mêmes les règles du jeu.
Combien de salariés n’osent pas bouger une oreille de peur d’être mis dehors ?
Drôle de monde où l’on donne à ceux qui ont déjà pour qu’ils ne partent pas ailleurs. Les entreprises ont des allégements pour les inciter à ne pas délocaliser, mais elles empochent et finissent par partir quand même. Et l’on prend à ceux qui ont le moins avec la remise en cause systématique et organisée de tous les acquis sociaux sous prétexte de conserver de l’emploi.
Les salariés ne se sont pas rués sur les 35 h. Bien souvent ils se les sont payés eux-mêmes : flexibilité accrue, gel de salaire, forfaits jours pour les cadres... Mais maintenant qu’ils y sont, ils comptent bien continuer d’en bénéficier. De toute façon, ce qu’ils ont donné ne sera pas rendu.
Il faut revenir à l’offensive et aller à la rencontre des salariés pour faire le point avec eux, l’enquête « le Travail en Question - les conditions de travail » est l’outil à utiliser.