SCERAO-CFDT
Le Syndicat salariés CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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30 juillet 2009

La taxe carbone

Michel ROCARD vient à peine de terminer de rédiger le rapport de la commission (il doit le remettre au gouvernement ce mardi 28 juillet) déjà les opposants à cet embryon de projet s’échauffent sur l’ensemble des médias pour essayer de le dynamiter .

Pour la Confédération CFDT, il y a urgence. « Le réchauffement climatique dépasse les prévisions les plus sombres... »
C’est aussi l’avis du SCERAO CFDT, nous nous étions largement exprimé sur ce sujet lors du 4éme Congrès de la FCE à Clermont-Ferrand

Pourtant, alors que toutes nos réflexions politiques devraient être entièrement orientées vers la résolution de ce défi posé à toute l’humanité, il y a encore et toujours des personnes qui s’opposent pour s’opposer, car elles pensent qu’après la crise, tout ce que nous avons connu jusqu’à aujourd’hui reviendra comme auparavant.
La croissance donnera aux consommateurs la possibilité de consommer plus, afin de permettre aux entreprises de dégager toujours plus de profit et aux « Traders » de se goinfrer avec encore plus d’avidité.
Ces gens là ont construit leur fortune sur la destruction de notre environnement et ils espèrent que rien ne viendra entraver ce plan. Au contraire, ils espèrent une accélération de cette fuite en avant afin de rattraper le temps perdu. C’est le cas ici de la CGPME [1]. La crise touche le secteur des transports routiers. Alors n’essayons surtout de ne rien changer au risque d’obérer les profits futurs...

Au SCERAO nous ne sommes pas de cet avis. Nous reconnaissons que pour certaines entreprises le choc doit être violent. Mais justement, nous pensons qu’il faut profiter de ce calme relatif pour changer avant que la fuite en avant reprenne sa course folle.
Une politique orientée vers le transport du fret ferroviaire supprimerait des emplois dans le transport traditionnel routier, c’est inévitable. Mais elle en développerait d’autres dans d’autres métiers :
- Dans la construction de porte containers, de motrices pour tracter ces trains
- dans la formation de personnels pour assurer le chargement des camions sur le réseau ferré, de formateurs pour préparer ces nouveaux personnels... Et nous en oublions !
C’est une révolution programmée et administrée qu’il nous faut conduire préférable à une révolution de crise toujours plus violente dans son expression.

Le SCERAO n’est pas dupe ! Cette CCE [2] doit exister. C’est une urgence pour que nous changions tous nos comportements. Mais elle ne doit pas être gravée dans le marbre. C’est à dire qu’il va falloir la faire évoluer en permanence et au fil de l’eau, pour atténuer les chocs, rectifier les effets indésirables et imprévus.
Cette taxe a pour but de nous faire diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. Or, dans cette catégorie, il n’y a pas que le CO2 ! Il y aussi le méthane CH4 (20 fois plus polluant à quantité égale) et les produits azoté issus de l’agriculture.
Ne pas taxer l’électricité à équivalence de CO2 rejeté, sous prétexte qu’en France, l’électricité est issue en majorité de l’industrie nucléaire est une faute politique et écologique. Contrairement aux idées reçues, l’uranium est une énergie non renouvelable. Il n’y a pas de réserve mondiale d’uranium suffisante pour produire toute l’énergie à partir du seul atome. Et si les pays émergents augmentent leur production d’énergie à partir d’uranium, les réserves de tous diminueront d’autant plus vite !
Enfin, l’enrichissement d’uranium est très consommateur d’énergie électrique.
Nous pouvons concevoir de ne pas taxer dans un premier temps l’électricité. Mais ce temps doit être le plus court possible. Tout au plus quelques mois... le temps nécessaire à la mise en place de la CCE et de l’observation des premiers effets.
Tous les jours, des salariés acquièrent des nouveaux logements. Lorsqu’ils choisiront leur mode de chauffage pour leur nouvelle résidence, ils doivent être informés que toutes les énergies ont un coût. En conséquence, ils doivent pouvoir choisir aujourd’hui le meilleur chauffage possible et la meilleure isolation de leur résidence, pour ne pas se trouver dans une impasse financière demain.
Ne pas taxer l’électricité, c’est non seulement envoyer un message trompeur à nos concitoyens, mais c’est envoyer un signal à tous les acteurs (consommateurs et producteurs d’énergies) pour orienter toute la consommation Française vers la seule électricité. Pire ! C’est inciter les consommateurs à ne pas économiser l’énergie électrique et donc renoncer aux isolations de bâtiments entre autre. Un comble !

Non seulement le SCERAO défend la nouvelle CCE, mais nous devons dès sa mise en place annoncer sa hausse programmée et inéluctable. Chaque citoyen sera responsable aujourd’hui de ce qu’il risque de devoir payer demain en fonction de ses choix. Choisir un logement éloigné d’un centre ville sera peut être moins dispendieux en 2009, mais chacun pourra calculer par avance le coût de cet éloignement volontaire pour les années 2015 puis 2030.
« Habiter à la campagne » comme l’on dit, aura des conséquences sur le choix des déplacements, du chauffage, de l’isolation...

Nous comprenons que le réflexe premier est de défendre notre petit pré carré, chacun pour soi, dans son coin. C’est une erreur !
Nos intérêts particuliers passent par nos choix collectifs. Le SCERAO CFDT, syndicat de la chimie et de l’énergie sur le Rhône est bien placé pour en débattre.

Au SCERAO, nous affectionnons particulièrement cette phrase d’un chef indien :
« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants »

Notes

[1Confédération générale des petites et moyennes entreprises

[2Contribution climat énergie