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Le Syndicat salariés CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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21 mai 2008

L’économie mal enseignée à l’école ?

Si vous vous intéressez à l’actualité sociale et politique, vous n’aurez sans doute pas manqué depuis quelques mois, ces émissions télévisées ou radiophoniques dans lesquelles l’enseignement de l’économie en France est régulièrement fustigée.

D’où vient ce constat ?
Les défenseurs de cette idée s’appuient sur les faits suivants

  • La croissance est en panne en France, alors que dans les autres pays Européens soumis aux même contraintes économiques, la croissance est supérieure.
  • Le chômage ne baisse pas malgré le papy boom. Il est supérieur en France vis à vis de nos partenaires Européens.
  • Les salaires ? En France 17% des salariés sont payés au SMIC contre 2% en Angleterre, pour un niveau de SMIC supérieur en Angleterre qu’en France.
  • Les placements ? Les Français préfèrent les placements prudents alors que chez nos voisins, l’épargnant n’hésite pas à investir en bourse. Ce choix aurait pour conséquence de fragiliser nos grandes entreprises. Elles disposent de moins de fonds propres, elles sont plus facilement « opéable » par des puissances étrangères à la France. Voir dernièrement ARCELOR acheté par l’Indien Lakshmi MITTAL

D’après ces personnalités, Michel ROCARD en tête : « l’enseignement de l’économie est une catastrophe ambulante responsable du blocage social en France » Phrase du mois de décembre 2007, lors de l’audition de la commission sur la revalorisation du métier d’enseignant.
Si on écoute tous ces thuriféraires du tout économie, c’est à cause du mauvais enseignement de l’économie (voir de son absence) que le Français se comporte de cette façon peu moderne, méfiante envers les marchés, peu enclin à investir en bourse, plutôt prédisposer à défendre ses fonctionnaires et jouir du temps libéré par les 35h00, confier son épargne chez l’écureuil...
Absence d’enseignement de l’économie en général depuis le collège, mauvais enseignement dans les sections ES au lycée !
Changeons l’apprentissage de l’économie envers notre jeunesse et les Français (dans une petite génération) retrouverons le goût d’entreprendre. Mieux ! Confions les programmes d’économie de nos Lycéens, non pas à des spécialistes de cette discipline comme aujourd’hui, mais à ceux qui gagnent de l’argent, ceux qui font l’économie, les « vrais managers », les patrons.
Ca pourrait revenir à confier l’enseignement sur toutes les énergies au seul lobby pétrolier ou au seul lobby nucléaire, ou l’enseignement sur l’eau à Véolia.

A titre d’exemple, nous vous invitons à écouter l’émission en podcast du 14 janvier 2008 sur BFM entre 10h00 et 11h00.
Sont invités :
- Sophie de Menthon
- Yvon GATTAZ
- Patrick LEVY-WAITZ
- Sylvain DAVID
Lors de ce débat, Yvon GATTAZ explique doctement : « qu’il n’est pas possible de remonter le moral de notre jeunesse, si ces derniers lisent en section ES des revues comme « Alternative Economique  ». Car dans le N° du mensuel de ce mois, les titres démoralisent le lecteur !!! C’est à dire les jeunes.
Démoralisent ou permettent d’ouvrir les yeux ?
Il n’y est fait que mention de : faillite des marchés, de la perte de 2,5 milliards de la Société Générale avec les produits « subprime », l’Euro trop fort, de la montée du chômage en France...
C’est qu’il faudrait mieux cacher tout cela pour valoriser notre fantastique économie libérale et ses dérives.
Pour Yvon GATTAZ « Alternatives Economique » pourrait trouver éventuellement grâce à ces yeux, si ce mensuel ne commentait, non pas une certaine réalité de l’économie mondiale, mais de préférence, l’économie des rêves d’Yvon GATTAZ. C’est à dire, le comportement d’une économie libérale mais idéale... Un fantasme donc !

Nous n’allons pas débattre ici de la faisabilité de ce projet, ni de son opportunité, ni de qui est plus à même de définir les programmes de Sciences Economique pour notre école publique. Nous avons des convictions, certes, mais pas suffisamment de culture économique Académique pour juger, reconnaissons le, de ce qui est bon ou mauvais pour nos chères têtes blondes.

Yvon GATTAZ et Sophie de Menthon pensent qu’un mensuel comme « Alternative Economique » n’aborde pas l’économie de la meilleure manière. Pourquoi pas ?
Que les enseignants ne sont peut être pas correctement formés ? Après tout, nous sommes dans une démocratie, s’ils le pensent, ils auraient tort de ne pas le dire. Mais ce n’est pas parce qu’ils le disent que c’est vrai !

S’adresser en priorité à la jeunesse. Et nous ne pouvons qu’être d’accord ! Finalement, qui que vous soyez ! Quelle que soit la cause que vous défendiez ou attaquiez. La stratégie la plus rentable à long terme est d’intervenir auprès des jeunes.
Pourquoi ? Les jeunes sont les vieux de demain. Et leur esprit est davantage modelable que celui des vieux. Les jeunes façonneront la société, ils décideront dans la société, ils dépenseront dans la société. Vous n’êtes pas convaincu ?
« Maréchal nous voilà », que tous les enfants de France devaient chanter à l’école, en est un bon exemple.
Aujourd’hui, pourquoi l’Amérique est-elle la première nation avec autant d’obèses. Car dès le plus jeune âge, les habitudes alimentaires saines ne sont pas enseignées. La pub a remplacé le diététicien.
La Chine qui maintient son peuple dans l’oppression, distille ses précepts dès l’école.

Quel que soit le sujet, n’importe où dans le monde, quel que soit le peuple, quel que soit le régime, quelle que soit l’époque... Pour promouvoir une idée démocratique, révolutionnaire, rétrograde, de haine ou de paix, la meilleure méthode pour faire assimiler profondément cette idée dans la mémoire collective il faut l’inculquer à la jeunesse du pays le plus tôt possible.
Mais attention au mélange des genres, il faut toujours éviter d’être juge et partie, la république a toujours fonctionné sur la séparation des pouvoirs, la Justice et la Police, le collecteur et le payeur. Lorsque ce principe n’est pas respecter, l’égalité de traitement est en danger (voir la fusion ASSEDIC et ANPE, la fusion trésorerie et impôt).
La CFDT demande que l’accent et la priorité des finances publique soit orienté vers l’éducation de notre jeunesse. C’est la meilleure façon d’aborder l’avenir, mais cela ne doit pas se faire dans n’importe quelles conditions.

C’est pourquoi à la CFDT, nous consacrons plus de 10% de notre budget de fonctionnement à la formation de nos adhérents.