SCERAO-CFDT
Le Syndicat CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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13 décembre 2009

Jean-pierre CLAMADIEU : PDG de Rhodia, le timoré !

Rappelons ici les responsabilités tenues par Jean-Pierre CLAMADIEU. Il est le PDG de Rhodia [1]. mais également auprès de Mme PARISOT le conseillé du développement durable pour le MEDEF [2].
Pour une fois nous pouvions être satisfaits. L’Europe se présente au sommet de Copenhague avec une ambition forte. Elle propose 30% de baisse de nos émissions de CO2 si jamais un accord est signé.

Écoutons le discours de M. CLAMADIEU premier chimiste Français et gros émetteur de CO2 devant l’éternel. Il faut écouter les propos avec attention, car le message n’est pas simple à décrypter. « Le sommet de Copenhague est une chance pour l’industrie Française, une opportunité de développement mais nous ne devons pas être les seuls à faire des efforts sinon les industriels délocaliseront dans les pays Asiatiques là où les contraintes sont moins élevées et nous perdrons des emplois en Europe... »
En réalité, M. CLAMADIEU avec un discours lisse, très policé, des mots spécifiquement étudiés, menace directement le gouvernement à travers son organisation patronale le MEDEF [2].
À mots couverts, il met en garde le gouvernement Français, mais également les dirigeants Européens pour que ces derniers ne soient pas trop ambitieux dans l’engagement de l’Europe dans la baisse d’émission des gaz à effet de serre. Si vous êtes trop ambitieux leur dit-il, les industries seront fragilisées, les industriels iront ailleurs !
Mais voilà ! M. CLAMADIEU oublie juste un petit détail dans ses différentes déclarations. L’industriel c’est lui !
Aujourd’hui, Rhodia c’est 28% de son chiffre d’affaires en Asie pacifique. Chine, Corée, Japon, Thaïlande, Inde, Indonésie et même Nouvelle-Zélande, Rhodia s’implante partout. Depuis déjà de nombreuses années Rhodia délocalise en Asie pour améliorer sa productivité. En réalité, cela permet de produire à moindre coût. Les salaires sont plus faibles, les normes environnementales moins sévères, certaines matières premières moins chères. Ainsi, les salariés des grands pays industrialisés sont placés en concurrence directe avec ce jeux des délocalisations. Et pour boucler la boucle. M. CLAMADIEU prend les citoyens à témoin et agite l’épouvantail des pertes d’emplois si jamais par bonheur nous décidions de tourner notre civilisation vers une industrie moins carbonée.
Finalement c’est habile ! Si cette décision positive était prise au grand damne de M. CLAMADIEU il est vrai que sa posture deviendrait intenable devant les citoyens du monde. Au lieu de défendre cette option d’avenir en Europe M. CLAMADIEU serait pointé du doigt car non seulement il supprimerait des emplois en France et en Europe, mais en plus, il irait polluer le monde par delà nos frontières.

Pour le SCERAO-CFDT, nous vivons une nouvelle fois le lobby des industriels que nous avons connu lors de l’adoption du Réglement REACH.
Nous sommes intimement persuadés qu’il faut dès aujourd’hui orienter le maximum de nos industries vers des technologies moins gourmandes en carbone, car de toute façon nous y serons contraints par la baisse inexorable des réserves disponibles des énergies fossiles et des matières premières.
Si nous prenons ce virage, nos industries pourront se positionner dans le peloton de tête mondial, nous pourrons offrir non seulement plus d’emplois, mais des emplois localisés. Tous les experts le clament haut et fort. Les technologies vertes sont plus créatrices d’emplois et les emplois ne sont pas délocalisables.

Au SCERAO nous aurions espéré une attitude offensive, moderne, ambitieuse de nos patrons Français. Au lieu de cela, comme d’habitude, nous assistons à une politique industrielle petit bras, repliée, qui surtout n’essaye pas d’explorer de nouveaux sentiers d’espoir.

Avant la clôture du sommet de Copenhague nous invitons les internautes à signer massivement l’appel

Notes

[1Leader mondial de produits chimiques de spécialité, Rhodia fournit des produits à forte valeur ajoutée et des solutions de haute performance à des marchés variés, parmi lesquels l’automobile, l’électronique, la parfumerie, la santé, la beauté et les détergents, les produits industriels et de grande consommation, par l’intermédiaire de six entreprises internationales

[2Mouvement des entreprises de France