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31 août 2007

Fermeture d’un atelier chez Rhodia

Lors du dernier CE de Rhodia Opérations Roussillon les délégations du personnel ont été amenées à se prononcer sur la fermeture d’un atelier.

Cette consultation vient après des années de doute sur le choix de l’investissement dans l’atelier appelé Analgésiques nord. Une partie de cet atelier (les nitros) fabrique deux produits l’O.A.P (ortho-amino-phénol) pour la fosalone - abandonné en Europe - et l’ONP (ortho-nitro-phénol) qui sert à fabriquer le paracétamol à l’atelier APAP (acéto-para-amino-phénol).
Rhodia utilise un procédé qui est moins rentable que les concurrents puisque l’on fabrique un produit qui n’est pratiquement plus utilisé (OAP 54% et ONP 46%). La direction explique qu’il y a une perte annuelle d’un million d’euros par an malgré toutes les mesures faites pour optimiser les coûts de fabrications. Ce procédé de fabrication aurait du être changé il y a longtemps, mais Rhône Poulenc à l’époque, puis Rhodia a décidé que cela coûtait trop cher en investissement et était peu rentable. En résumé, les dirigeants ont laissé mourir cet atelier en n’investissant plus et en ne faisant pas les changements à temps. De plus ce produit est sur un secteur d’activité où existe une forte concurrence asiatique. Le marché devient sursaturé.

En pratiquant de la sorte Rhodia est obligé d’acheter le PNP, produit de base, à un industriel chinois. La modification de l’installation industrielle de ce fournisseur coûte à Rhodia la somme de 120 000 euros. Ce contrat est intéressant pour Rhodia car il a le contrôle de celui-ci. L’industriel chinois n’a pas la possibilité de monter les prix sans justification. De plus, Rhodia peut dénoncer le contrat 12 mois avant son terme sans payer le moindre dédommagement (l’inverse est également possible).
Cet arrêt, selon la Direction, permettra un retour à l’équilibre des comptes de l’atelier APAP.
La fermeture de cet atelier entraînera la suppression de 23 postes de travail sur le site de Roussillon.
Deux personnes partiront en retraite (loi Fillon),ce qui fait qu’il restera 21 personnes à reclasser en interne, ce que la direction s’engage à faire puisqu’il ont identifié une trentaine de possibilités.

Les rumeurs d’une possible vente du site de Pont-de-Claix renforcent nos craintes sur le devenir de la filière organique du groupe. A Roussillon la fabrication d’ammoniaque (ANK) pourrait être directement menacée par cette vente.
Rhodia se désengage de cette filière non stratégique pour elle. L’avenir sur le site de 2 ateliers de cette branche (APAP pour le paracétamol et le salicylique pour l’aspirine) parait incertain.

Hors Rhodia, l’annonce faite par Célanèse de l’arrêt pour la fin de l’année de l’ atelier BB3 (chewing-gum) pose encore plus le problème de l’emploi sur la plateforme de Roussillon (19 postes concernés). Le G.I.E OSIRIS (groupement inter entreprise de services pour la plateforme) serait contraint d’adapter ses effectifs, notamment au laboratoire, du fait de la diminution d’activité sur le site. Sans oublier l’externalisation de la plateforme paie/gestion du personnel (CIRH) de Rhodia service.
Aujourd’hui se pose le problème de la
solidarité inter-entreprise pour qu’il n’y ait aucun licenciement sec sur le site.
Une déclaration de soutien sera faite dans chaque entreprise du site par les représentants du personnel CFDT.