SCERAO-CFDT
Le Syndicat CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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3 octobre 2009

Crises mondiales financières, économiques et sociales

C’est la faillite de la banque mondiale Lehman Brothers, il y a 1 an, en septembre 2008, qui a finalement révélé au monde entier l’ampleur de la crise financière.

D’un problème plutôt localisé aux Etats-Unis, les fameux « subprimes », un échelon supplémentaire était franchi.

Le fait que l’Etat américain refuse de soutenir cette banque, alors qu’il venait de le faire pour d’autres banques et assureurs, a plongé les milieux financiers et boursiers, nous seulement dans le doute, mais dans la panique.

L’image d’une banque « modèle », historique, puissante qui s’écroulait si rapidement, sans que la 1ère puissance économique mondiale puisse agir, fit l’effet d’une bombe dans ce monde capitaliste.

La contagion gagna d’autres banques en Europe, à l’Ouest comme à l’Est, en Asie, en Amérique du Sud….

Les banques ont été progressivement, plus ou moins obligées d’avouer leurs « actifs pourris (produits toxiques) », ce qui a fragilisé leurs fonds propres.
Immédiatement par précaution ou par obligation, elles ont coupé leurs crédits aux entreprises, aux citoyens, ce qui a étranglé les plus fragiles, les plus petites.

Avant septembre 2008, la crise des subprimes, la crise alimentaire (prix du blé, des matières premières, du pétrole…), tous les soi-disant spécialistes économiques pensaient qu’elles se régleraient comme les précédentes, avec juste quelques mois difficiles à traverser.

 Que nenni !

Les entreprises étant étranglées financièrement, d’une crise financière on basculait dans une crise économique et dans une crise sociale où aucun pays n’était épargné, même si c’était à des degrés divers.

Alors oui, cette financiarisation de la société, cette recherche de rentabilité maximum à court terme, cette mondialisation sans règle avec circulation des capitaux librement, sans contrôle, ces politiques monétaires, ces dérégulations financières, ces politiques fiscales, sont revenues en pleine figure de tous les acteurs.

Comme toujours, ce sont les plus défavorisés qui en paient le prix fort.

Pendant ce temps, les états ont fait marcher les planches à billets, pour renflouer les banques, en se concertant.

Il faut reconnaitre que c’était indispensable et que l’activisme de Sarkozy, alors président de l’Union Européenne, était utile.
L’histoire retiendra probablement que cette crise a amené la création du G20.
Ce ne sont plus seulement un G5, G7, G8 mais 20 puissances mondiales qui « dirigent » le monde.

Les paradis fiscaux montrés du doigt, l’attitude des banques clouées au pilori avec notamment les rémunérations des traders, le méa culpa discret mais le fait que tous ces libéraux qui ne parlaient que de concurrence, de loi du marché d’autorégulation, en soient amenés à ce que les états rentrent dans le capital des banques est tout de même extraordinaire.

Par contre, peu de choses sur le plan de relance qui concernait directement les salariés. Je pense au pouvoir d’achat, à la consommation. Une concentration sur une relance uniquement par l’investissement sans coordination entre les pays, même au niveau européen.

La crainte qu’investir dans un pays ne profite plus au pays voisin qu’à soi même.

Effet d’aubaine pour les multi nationales qui profitent de ce climat de crise pour supprimer des emplois par milliers, maintenir leur profit tout en profitant des aides publiques lorsque cela est possible.

C’est le secteur industriel, notamment l’automobile qui a été frappé le plus fort.

Dans un contexte de réduction des productions liés au secteur automobile à l’ouest (US, Europe de l’ouest), avec déplacement vers l’est (Europe de l’Est, Chine, Inde…) et avec des stocks coûteux, la coupure des crédits par les banques, les pertes du pouvoir d’achat des gens et les craintes pour l’emploi, ont immédiatement plongé ce secteur dans la crise.

Pour notre fédération, ce sont les multitudes de PME, sous-traitants dans la plasturgie mais aussi la chimie, qui ont trinqué : pertes des intérims, des CDD, chômage partiel, licenciements….
C’est aussi le caoutchouc qui morfle.

Mais nous avons là un mélange de lien avec la crise automobile et d’effet d’aubaine des multi-nationales. L’exemple de Continental à Amiens est effrayant. Good Year, mais aussi Michelin n’échappent pas à ces logiques purement financières.

La prime à la casse a certainement permis d’amortir la situation. Mais aujourd’hui, nous constatons 2 logiques contradictoires, une vision un peu plus longue des carnets de commandes (plastique) mais aussi une reconstitution des stocks (caoutchouc automobile) inquiétante.

Comme quoi, le retour à une possible croissance ne signifie pas la reprise des embauches. Au contraire, les PSE produisent malheureusement actuellement tous leurs effets néfastes.

Pour les autres branches de notre fédération, le verre souffre également.

La pharmacie qui été un secteur dont l’emploi a toujours progressé jusqu’à 2007, stagne en 2008, connaît de multiples plans sociaux, notamment dans la visite médicale.
Mais là, rien à voir avec la crise, ce sont les maîtrises des dépenses de santé des Etats et le maintien des forts profits de ce secteur avec les difficultés de la recherche qui expliquent. On note la reprise des fusions (Merck/Sherring Plough, Pfizer Wyeth)
La reprise des fusions pourraient concerner le pétrole.

Enfin, dans les IEG, l’ouverture à la concurrence, la privatisation de Gaz de France avec la construction de GdF Suez, concurrent d’EDF, le changement de mode de gestion et d’état d’esprit, notamment au niveau de la conception du service public sont les enjeux actuels.

 Et maintenant où va-t-on ?

Basculer vers une croissance durable, tenant compte de l’environnement dans l’objectif de sauver la planète (taxe climat énergie, Copenhague, …)

Trouver une régulation financière avec règles et contrôle de celle-ci au niveau du G20 (le sommet de Pittburgh…).

Aller vers le plein emploi, sécuriser les salariés dans un emploi même si nous savons qu’on ne pourra plus travailler 40 ans au même endroit, intégrer les notions de territoire, de bassins d’emplois.
Modifier la gouvernance des entreprises où les actionnaires et des personnalités, dites qualifiées, concentrent les pouvoirs.
Elargir aux clients, sous-traitants, représentants des salariés, associations…
Reformer et rechercher l’harmonisation des fiscalités avec des systèmes redistributifs équitables.

Intervention de Jean-Marie VILLOING
Secrétaire Fédéral de la FCE-CFDT

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