SCERAO-CFDT
Le Syndicat CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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juillet 2006

Congrès confédéral - Intervention du SCERAO CFDT sur le rapport d’activité

« Bonjour à toutes et à tous. Brigitte BIENASSIS, Secrétaire Générale du Syndicat Chimie Energie Rhône-Alpes Ouest.

2002 - 2006, 4 ans sous le joug d’une politique gouvernementale de régression sociale. Dans ce contexte, pour quelques victoires sociales obtenues à l’arrachée, il a fallu en avaler des couleuvres.

Notre modèle social serait-il à bout de souffle ? Certes il est perfectible. Mais à mieux y regarder, ce n’est pas le modèle qui génère exclus et injustice mais son détournement, sa non application. Prenons pour exemple le contrat de travail, le CDI devrait être la règle et il est de moins en moins utilisé dès la première embauche.
La persistance du chômage facilite cela en augmentant le seuil d’acceptabilité des citoyens. Le rapport de force n’est pas en faveur des salariés, encore moins de ceux qui ne le sont pas ou plus.
Plusieurs événements ont marqué la mandature.
La constitution européenne en mai 2005. La position du BNC pour le OUI, a paru plaquée sans débat interne alors que le planning en permettait un. La CFDT est pro européenne ça ne fait pas de doute. Mais alors pourquoi n’avoir pas utilisé l’année précédent le référendum pour débattre en interne du projet de constitution ? Un « oui à l’Europe » dans nos congrès depuis longtemps, donne t il carte blanche pour se positionner favorablement sur tout projet européen ? Ce OUI de raison n’a pas été porté par l’ensemble des militants, même ceux favorables, et c’est dommage. Le temps du débat aurait permis que chacun se sente acteur de la décision et la fasse sienne. Après les retraites, c’est une occasion manquée d’exercice de la démocratie participative.

Autre gros dossier, l’UNEDIC. La CFDT se revendique gestionnaire de l’UNEDIC et ce n’est pas contesté. L’UNEDIC n’est pas responsable du chômage ni des pratiques schizophrènes des employeurs. Mais à vouloir tout assumer, on en oublie l’essentiel, l’humain. Les recalculés ont eu plus qu’un sentiment d’exclusion, ils se sont sentis trahis, dupés. Sous les pressions externes et internes, la CFDT en a rapidement pris la mesure et corrigé le tir mais le mal était fait.
Où en est vraiment le PARE ? Quel bilan après quelques années de mise en œuvre ? Les hypothèses de départ étaient-elles les bonnes ? Les acteurs sont-ils fiables ? Notre sens des responsabilités ne doit pas nous porter à assumer celles des autres : état, patronat, autres organisations syndicales. Faisons le savoir plus haut et plus fort. La baisse du nombre de chômeurs est-elle crédible ? Il faudrait la rapprocher du nombre de création d’emplois, et de la qualité des emplois créés.
UNEDIC toujours, avec les intermittents. Cela a mis en évidence le rôle des médias et pour cause dans ce cas précis. D’où notre difficulté à faire entendre nos positions, certes justes, mais on ne peut pas avoir raison seuls. Nous ne nous ferons pas avoir 2 fois, tant mieux.
Et pour finir avec l’UNEDIC, le dernier accord institue le CDD de 18 à 36 mois pour les séniors. Etait-ce bien nécessaire ? L’âge de la retraite fixe naturellement un jalon de fin de contrat.

Nous apportons une appréciation positive sur l’action de la CFDT dans la lutte contre les discriminations, l’insertion des travailleurs handicapés, l’égalité professionnelle et la formation professionnelle.
Sur le dossier de la politique énergétique, la concertation avec notre fédération a eu lieu. Nous regrettons que les positions confédérales sur la politique du médicament n’aient pas tenu compte de celles des équipes de l’industrie pharmaceutique.

J’ai gardé le plus gros pour la fin : les retraites générales. Le temps du débat a réellement permis aux militants de s’approprier les positions CFDT : 40 ans de cotisations pour tous, des pensions plus élevées pour les bas salaires, ... Ces 5 ans de débat ont été balayés par ½ journée de précipitation. Et ce n’est pas qu’un sentiment. La confédération a estimé qu’il fallait verrouiller le projet avant passage au parlement, car plus possible de le bouger ensuite. L’exemple du CPE montre que tout est toujours possible si on le veut vraiment. Le 13 mai 2003, la mobilisation était massive.
Résultat, OUI, la plus grande avancée est « les départs avant 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes » mais ça n’aura qu’un temps. Globalement le système par répartition est maintenu mais il n’est toujours pas pérennisé, le gouvernement n’a pas tenu toutes ses promesses notamment vis à vis des fonctionnaires, le dossier pénibilité traîne les pieds.
Des pans entiers de l’organisation nous ont quitté. OK, ça a permis par endroit de clarifier les positions. J’espère qu’on se réjouira de la même façon des départs côté droit suite au CPE.
Il est vrai que l’amorce de la baisse du nombre d’adhérents a commencé avant mai 2003. Les retraites n’ont fait qu’accélérer la chute, aussi en démobilisant les militants de terrain, moins enclin à valoriser la CFDT et à proposer l’adhésion.
Pour remonter la pente, l’adhérent doit être au coeur du système. Mais ce n’est pas seulement en répondant à ses attentes, c’est aussi en le rendant acteur, en l’impliquant.
Cette notion d’adhérent acteur doit se décliner à tous les niveaux de l’organisation : ça passe par des militants acteurs, comment les rendre acteurs, les impliquer, leur laisser une place. Ca veut dire parfois accepter d’être bousculé, contredit, dans le respect de nos règles bien sûr. Changer de méthode, passer à une politique d’engagements, responsabiliser les militants. _ C’est exigeant pour tous mais indispensable.

La méthode n’est pas tout, la CFDT doit aussi apporter une part de rêve, donner du sens, permettre de se projeter dans l’avenir.

Le congrès est l’occasion de se fixer des perspectives, de débattre, se positionner. Il faudra veiller à ce que ça sorte de ces murs. La résolution devra faire l’objet d’une forte démultiplication. Synthèse, outils simples et pédagogiques, communication adaptée en interne et en externe, tout doit être mis en œuvre pour diffuser, vulgariser nos positions, auprès de tous les militants jusqu’aux adhérents. Notre syndicat y contribuera.

En conclusion, une mandature dans un contexte mouvant et défavorable, des enjeux forts, une CFDT trop sûre d’elle allant vers des décisions prises hâtivement sans mesurer réellement leurs impacts internes et externes, et sans s’assurer que la base suit, une confiance interne à reconstruire autour d’un meilleur fonctionnement démocratique, un nouvel élan à donner. Nous voulons croire que les choix et les actes de la CFDT, dans les derniers 6 mois, CPE et intermittents, ne sont pas seulement une posture de pré congrès mais une lame de fond qui soulèvera toute la CFDT. La suite est écrite en partie dans la résolution, en partie dans ce que nous en ferons, nous tous, y compris et surtout les syndicats.

Nous voterons le Quitus à une courte majorité.

Merci de votre attention ».

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