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Le Syndicat salariés CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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janvier 2007

Cession de la branche Silicones dans Rhodia

Depuis 2004 le Groupe RHODIA poussé à désinvestir pour réduire son énorme endettement, a décidé de céder à la surprise générale la totalité son activité SILICONES au chimiste chinois BLUE STAR.

Depuis 2004 le Groupe RHODIA poussé à désinvestir pour réduire son énorme endettement évalué à l’époque à 3,1Mds€ (contre 2,1Mds€ actuellement), a décidé de céder à la surprise générale la totalité son activité SILICONES au chimiste chinois BLUE STAR. Cette négociation qui au départ était basée sur un projet de Join Venture (JV) 50/50 avec la construction d’une unité de production de 200 KT de Méthylchlorosilane en Chine s’est finalement soldée par une cession d’ un montant net (sans les dettes) de 400 M€. Dans le monde, environ 1200 salariés sont concernés par cette cession dont 879 en Europe et 710 en France. Bien que le repreneur n’ait pas annoncé de conséquence négative sur les acquis sociaux et sur l’emploi à court terme, les élus CFDT au comité d’entreprise se sont prononcés contre ce projet et ont fait la déclaration suivante :

Pour la CFDT il y a deux aspects importants dans ce projet :

D’une part il y a bien évidemment le maintien de nos acquis sociaux et d’autre part il y a la pérennité de nos emplois.
_Bien que l’aspect du maintien de nos acquis sociaux soit évidemment essentiel pour tous les salariés et la CFDT, et nous serons très vigilants sur ce point, notre inquiétude se porte plus sur le projet de cette cession lui-même par rapport au repreneur.

En effet d’après les éléments que nous possédons à ce jour émanent de l’expertise sur le droit d’alerte, il semblerait que Blue Star financerait notre acquisition à hauteur de 80% sous forme d’emprunt contracté auprès des banques Asiatiques.
Alors nous risquerions de nous retrouver dans une situation similaire dans laquelle nous avons été jusqu’à présent dans le groupe Rhodia. Nous serions contraints de dégager un maximum de profits pour à la fois rembourser la dette, payer les intérêts financiers en découlant et investir. Et si par malheur nous n’arrivions pas à faire les bénéfices nécessaires, dégraissage et délocalisation reviendraient vite à l’ordre du jour.
De plus donner toute notre technologie à une entreprise étrangère dont le personnel ne reste pas plus de 2 ans à l’effectif, c’est prendre le risque de livrer tout notre savoir faire à la concurrence.

D’un point de vue stratégique et économique, nous pensons qu’un partenariat, une alliance ou bien une JV 50/50 aurait été préférable voire indispensable pour capter la croissance en Asie et donc pérenniser notre entreprise. Le développement sur le marché Asiatique est impératif pour rester dans la course. Rester dans le groupe Rhodia nous assurait le maintien de notre savoir faire tout en bénéficiant du soutien du groupe.

Pour la CFDT le danger et les incertitudes d’une cession pure et dure sont beaucoup trop grands pour que l’on puisse donner un avis favorable à ce projet.

La CGT s’est également prononcée contre mais la CGC quant à elle s’est prononcée pour !

L’année 2007 risque de s’annoncer particulièrement riche en évènements car les élus vont devoir renégocier tous les accords les liant au Groupe RHODIA.