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Le Syndicat salariés CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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2 avril 2006

Cas de CNE rompu dans le Rhône

Une salariée a été licenciée sans motif par une association de Vaulx-en-Velin. Selon sa version, c’est parce qu’elle avait « réclamé le paiement d’heures supplémentaires ». L’audience se tiendra le 7 juillet devant la juridiction du travail lyonnaise

 Voici l’histoire

C’était un jour de janvier. Un courrier au fond de sa boîte-aux-lettres. Mais pas vraiment des voeux de bonheur pour la nouvelle année. A l’intérieur de l’enveloppe, quelques lignes de son employeur. Licenciée !
« Il n’y avait aucun motif, rien. Mais je n’ai pas été surprise par cette décision. Je me sentais sur la sellette depuis plusieurs semaines »
Cinq mois environ après son recrutement en contrat nouvelle embauche (CNE) [1]. cette salariée de 24 ans a été remerciée par le Centre pilote d’escalade et d’alpinisme (CPEA), association bien connue de Vaulx-en-Velin.

  j’ai été mise à la porte parce que j’ai réclamé les heures supp’ qu’on me devait

Mon contrat prévoyait une quinzaine d’heures par semaine, mais dans la réalité, c’était plutôt 23 heures. On m’appelait pour me faire travailler une heure par ci, deux heures par là, ça devenait très compliqué pour continuer à suivre mes études à côté.

J’estime que j’ai été exploitée et qu’ils se sont assis sur les lois.

Son travail consistait à encadrer des enfants de trois à quinze ans pour des activités d’escalade. Diplômée en Staps de l’université Lyon 1 (activités physiques et sportives) et titulaire d’un brevet d’initiateur en escalade, elle semblait avoir le profil idéal.

Sauf que son employeur affirme s’être rendu compte en cours de route que ce n’était pas juridiquement le cas. Alain Bondetti, le directeur du Centre, se défend d’avoir voulu la virer sans ménagement. « ça n’a rien à avoir avec une histoire d’heures supp’ ».

Elle s’est elle-même renseignée à Jeunesse et sports : ils lui ont dit qu’il fallait absolument posséder un autre brevet, le Bapat d’escalade, pour avoir le droit de travailler dans un club. Il n’y avait pas d’équivalences possibles avec son cursus. Du coup, une formation était nécessaire.

Cela veut dire que pendant un an, elle serait partie pour passer ce brevet : ça nous aurait coûté 200 000 francs [sic] et pendant ce temps-là, il aurait fallu la remplacer.

Notre budget est limité, nous n’avions pas d’autre solution que de la licencier. Et je peux vous dire que c’est à contrecoeur. Je suis un homme de gauche ! »

 La CFDT défend le dossier

L’intéressée ne démord pas de sa version initiale. Et soutient que c’était « à eux de se renseigner correctement sur la réglementation », en affirmant avoir appris « après son départ », que son embauche en CNE était « destinée à remplacer une salariée en CDI, récemment licenciée ».

Toujours étudiante, et en recherche d’emploi, elle a décidé de porter l’affaire devant le conseil de prud’hommes de Lyon.

Avec son défenseur - François Portay, de la CFDT du Rhône - elle réclame à son ancien employeur des dommages et intérêts, mais surtout, « qu’il motive le licenciement ».

La conciliation, début mars, n’a rien donné.

 Une audience se tiendra donc le 7 juillet au tribunal des Prud’hommes de Lyon.

Notes

[1Entré en vigueur l’été dernier, le contrat nouvelle embauche est un CDi réservé aux entreprises ou associations de moins de vingt salariés. Pendant une période de deux ans, l’employeur peut licencier sans motif, et le salarié quitter l’entreprise sans avoir non plus à se justifier. L’administration a comptabilisé 9 411 intentions d’embauche en CNE dans le Rhône depuis septembre