SCERAO-CFDT
Le Syndicat CFDT de la Chimie et de l’Energie pour Rhône Alpes Ouest.

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26 mai 2009

Aider les victimes de l’amiante, le SCERAO sait faire

La commission maladies professionnelles du scerao-CFDT s’est mise en place suite à la journée sur ce thème organisée par le syndicat fin 2005. Josiane Perre-Thivillier, Pierre-Marie Serrand et François Mathevet en sont maintenant les piliers.

 Une démarche simple, facile à mettre en œuvre.


François raconte « Après 2 jours de formation avec Marcel, nous étions prêts. Le premier dossier a été celui de la veuve d’un adhérent. Elle n’avait pas répondu aux relances de la CPAM. Suite à notre demande, la caisse a accepté de rouvrir son dossier. »
« La démarche est simple et efficace. La principale pièce à obtenir est le certificat médical initial (CMI). Quand celui-ci est bon, c’est gagné. La personne est indemnisée par le FIVA, c’est déjà bien. » confirme t il.
Il ajoute « Il faut se tenir à jour du dossier, tenir les échéances. On arrive à prendre tout ce qui arrive sans être submergé. Si on l’était, on ferait appel à d’autres copains. Quand vraiment on ne sait pas, on appelle Marcel et on avance. L’idée de réseau est indispensable car on n’est pas sensé tout savoir ».

  La commission traite plutôt des cas de victimes de l’amiante, parfois d’autres maladies.


Comme le cas d’une adhérente, victime d’un cancer de la vessie dans une entreprise de la chimie. « Ce dossier nous a demandé un sacré travail avec l’aide de chimistes membres de la commission. L’entreprise ne se laisse pas faire.
Nous en sommes à la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur, nous avons bon espoir de gagner ».
Les entreprises traînent les pieds même quand un accord amiante a été signé. À EDF, par exemple, il reste difficile d’obtenir certains documents pour faire avancer les dossiers. D’autant que certains secteurs quittent EDF et ne se sentent plus engagés par les accords. D’où l’importance de bien suivre au niveau national.

 Se faire connaître auprès des victimes


« Le plus difficile est de contacter les victimes. Partout où je vais dans la région, je fais savoir la démarche. L’interpro nous envoie des gens. Mais c’est insuffisant » confirme François.
Les permanences mensuelles de la commission sont publiées dans le journal du syndicat. François pense qu’il faudrait présenter cette action aux secteurs locaux, aux comités de branche. Au dernier congrès du syndicat, il a discuté avec le DS de Vertal. L’amiante est dans cette entreprise. Avec le CHSCT, ils vont mettre en place une stratégie.
François fait un travail avec le groupe Santé de la CMCAS de Lyon. Il a été désigné « référent amiante ». Cela pourra amener des agents vers la CFDT.
Les personnes sont rarement rencontrées lors des permanences. « La commission est plus un lieu d’échange pour savoir comment on va prendre le dossier, on y travaille les courriers » explique François. « On essaie d’avoir un contact humain avec les gens. Nous allons plutôt chez eux, ils y ont tous leurs papiers ».

 L’adhésion, naturellement !


François fait adhérer toutes les personnes que la commission aide. Ça ne pose pas de problème. « On ne dit jamais les sommes que les gens vont obtenir et ils sont toujours surpris en les touchant. On leur demande de verser un don. Ça fonctionne et ça permet de rembourser nos frais ».
Agir pour les victimes de l’amiante est à la portée de tous les syndicats
François invite les autres syndicats à se lancer. Il explique « il suffit de réunir 3 ou 4 personnes volontaires pour agir et c’est gagné. Si possible quelques notions de juridique et la formation fédérale "amiante - maladies professionnelles" de 2 j permet d’avancer sans problème. Le réseau est là quand ça coince ».
« Il faudrait que la CFDT se préoccupe autant des droits à la santé que du droit du travail. On est capable de traiter les dossiers nous-mêmes sans passer par la FNATH ou l’ANDEVA. Les syndicats se sont investis sur l’emploi et ont abandonné la santé » s’insurge t il. « Nous avons des mandatés dans tous les organismes de santé, qui seraient bien contents de nous aider. Il faudrait utiliser ce réseau. Aucune cause n’est perdue, tout est à discuter » conclut-il.